ASSOCIATION ANIR DE PROTECTION DE L’ENFANCE

ASSOCIATION ANIR DE PROTECTION DE L’ENFANCE

Dans le cadre de l’action sociale en faveur des enfants en situation difficile, tous les efforts sont les bienvenus. Depuis une dizaine d’années, l’Association ANIR se démarque particulièrement dans ce domaine et occupe désormais une position à part entière dans la politique sociale régionale et nationale en soutenant activement les actions engagées en faveur du bien-être des enfants vulnérables.
À sa création en 2006, l’association Anir – Ange en amazigh – se consacrait à la cogestion du Centre de Sauvegarde de la Jeune Fille d’Agadir. Au fil des années, son rayon d’intervention s’est agrandi avec, en 2011, la création d’une unité mobile pour se rapprocher des enfants en situation de rue, en 2013, l’ouverture du centre Pont d’Enfance à Inezgane qui prend en charge des enfants vulnérables, en 2017, un partenariat avec l’association ECPAT pour lutter contre l’exploitation sexuelle des enfants et, la même année, le lancement du projet Anir Academy. Ce dernier projet consiste en un programme d’accompagnement des jeunes filles et garçons vers l’autonomie via la technologie, l’art et l’innovation.

Parce que la protection de l’enfance doit être au cœur de nos priorités à tous, nous vous invitons, acteurs locaux et généreux donateurs, à vous rapprocher de l’Association Anir pour en savoir plus sur l’impact de ses interventions et contribuer à ses actions structurantes. Beaucoup d’actions peuvent être possibles grâce à votre intervention.

INTERVIEW MERIEM ERRAOUI, PRÉSIDENTE DE L’ASSOCIATION

Chef de projet au sein de l’Association Anir, active à Agadir et Inezgane, Meriem Erraoui en assure la présidence depuis 2017. Experte dans le domaine des droits de l’homme et de la protection de l’enfance, elle répond à nos questions.

A.P.: Pourquoi y a-t-il autant de programmes différents chez ANIR ?

M.E. : La culture de la remise en question est dans l’ADN de l’association. Nous cherchons toujours à vérifier que nous répondons au besoin de la population cible, c’est vital. Ainsi, récemment, nous avons organisé une concertation multi-acteurs qui a eu pour résultat de modifier le mode de gouvernance d’Anir et de redéfinir nos statuts. Nous sommes comme un laboratoire, chacun de nos programmes est une occasion de capitaliser sur le vécu.

A.P.: Comment gérez-vous ces différents programmes ?

M.E. : Financièrement, nous survivons. Nous avons besoin de 3 millions de dirhams par an et nous en sommes à 30% environ. Un aperçu de nos comptes donne l’impression que l’association boite : le projet Anir Academy est notre locomotive, mais pour le reste, nos fonds sont presque à zéro. Je lance d’ailleurs un appel aux pouvoirs publics et aux mécènes : nous créons de l’emploi (20 salariés), nos programmes concernent près de 600 bénéficiaires par an et nous ne souhaitons en suspendre aucun. Nous avons besoin de 500 000 dirhams par an pour continuer.

A.P.: Unicef, ECPAT, Agence Espagnole de coopération… avec de tels partenaires, comment expliquer les difficultés financières d’Anir ?

M.E. : Nous sommes un peu victimes de la notoriété de ces partenaires. On nous imagine à l’aise, pourtant, lorsqu’un projet comme Anir Academy est financé par l’Unicef, les autres programmes ne reçoivent rien ! Nous donnons aussi parfois l’image d’un excès de maîtrise et nous essuyons des critiques, pas de la part de nos bénéficiaires, mais d’autres acteurs. On sait convaincre à l’étranger mais on peine au niveau régional.
Nous sommes conscients de nos limites en termes de communication, cela fait partie de nos axes d’améliorations. De plus, notre niveau d’exigence et nos principes ne correspondent pas toujours aux normes. Par exemple, nous refusons l’instrumentalisation de l’image des enfants pour l’appel à don, car des photos peuvent ensuite circuler et empêcher ces enfants de laisser leur passé derrière eux.

A.P.: Anir fait partie des 80 associations spécialisées dans la protection de l’enfance signataires d’un communiqué adressé au Ministère en novembre dernier. Que disait ce communiqué ?

M.E. : Il constatait, entre autres, la non-cohérence entre le bilan 2018 et le plan d’action 2019, l’abandon de l’approche intégrée et le retour à l’approche sectorielle, malgré le constat d’échec confirmé par tous les acteurs et l’attention portée aux infrastructures au détriment du perfectionnement des ressources humaines.

À ce jour, nous n’avons reçu aucune réponse officielle. En janvier, le Ministère a invité les associations signataires à un atelier de concertation sur le nouveau dispositif territorial ; il s’agissait en fait d’une présentation en plénière d’un projet pilote concernant quatre villes, sans aucune concertation préalable.

A.P.: Qu’appelle-t-on dispositif territorial ?

M.E. : C’est l’ensemble des règles qui définit de façon précise les responsabilités et les niveaux d’intervention des acteurs concernés par la problématique de la protection de l’enfance. C’est la clé de tout ! Pour l’instant c’est très flou, c’est l’affaire de tout le monde et de personne… c’est notre plus grande problématique.

associationanir@gmail.com
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Centre de Sauvegarde de la Jeune Fille, Les Abattoirs, Agadir
Centre Pont de l’Enfance, Quartier Rmel, Inezgane
Tél. : 05 28 83 77 36 / 05 28 21 17 02

RIB Société Générale : 022 010 000 008 00 05218984 25
Swift : SGMB MAMC