HISTOIRE DU LYCÉE YOUSSEF BEN TACHFINE

HISTOIRE DU LYCÉE YOUSSEF BEN TACHFINE

LA SIGNATURE DE GRANDS ARCHITECTES

Premier lycée du Sud du Maroc, le Lycée Youssef Ben Tachfine Agadir, qui demeure l’un des plus anciens établissements scolaires du pays, est considéré comme une pépinière qui a permis l’éclosion de la première génération de gestionnaires et professionnels de l’économie de la Région Souss Massa et du sud en général. Projet visionnaire, il a été bâti sur une surface exceptionnelle de près de 78.000 m2 au cœur de la Cité Suisse. Sa construction fut entamée en 1951 par décret ministériel en date du 18 juin 1951. Fruit d’un concours d’architecture, le projet fut présenté par le groupement d’architectes Jean Forcioli, Jean Chemineau et Édouard Delaporte, avec la collaboration du bureau d’études Atbat-Afrique sous la direction de l’Ingénieur Bodiansky (1er prix), qui remporta le concours et l’exécution devant celui des architectes Jean-François Zevaco et Paul Messina (2ème prix).

1953-54, LA PREMIÈRE ANNÉE SCOLAIRE

À sa création, l’établissement comportait un internat en dehors de l’aile réservée aux cours avec classes et amphithéâtre. Il comprenait de vastes ateliers pour l’enseignement des industries du bois, du métal et de l’électricité, et des locaux pour les arts ménagers et la couture. Une partie seulement des constructions prévues fut réalisée en 1952. L’ensemble ne devait l’être qu’au fur et à mesure du développement de la ville et de ses besoins encore difficiles à définir, car si toutes les familles européennes faisaient suivre des études secondaires à leurs enfants, les enfants marocains y venaient aussi de plus en plus nombreux.

C’est en octobre 1953 que l’établissement ouvrit officiellement ses portes. Dédié, dans un premier temps, à l’enseignement collégial, il prit pour première appellation « Collège Mixte d’Agadir ». Avec seulement 8 classes occupées, cette première année scolaire 1953-1954 ne comptait qu’un effectif de 221 élèves, soit 108 filles et 113 garçons, pour une ville qui ne dépassait pas les 15.000 habitants. Cette année-là, il y eut 3 classes de niveau 6ème, 2 classes de 5ème, 2 classes de 4ème et 1classe de 3ème. Dans un premier temps, l’établissement se destina aux élèves étrangers, aux meilleurs élèves marocains et aux fils de notables.

1956, UNE DOUBLE ORIENTATION

À la rentrée scolaire 1954-1955, l’établissement reçut une nouvelle appellation « Collège Mixte Classique, Moderne et Technique ». Il comptait déjà 550 élèves. Après l’Indépendance en 1956, le lycée ouvrit ses portes aux différents élèves marocains. Ceux qui s’y inscrivirent eurent alors le choix entre deux filières : un enseignement marocain dit « classique » ou un enseignement « moderne » nommé enseignement de la mission française. L’enseignement moderne européen sera ainsi donné au sein de ce collège jusqu’en 1978. À cette époque, après ce cursus scolaire au Collège mixte d’Agadir et après la seconde, les élèves de la région se trouvaient dans l’obligation de partir vers d’autres villes du nord du Maroc pour obtenir leur diplôme de baccalauréat. De même, les élèves de la mission devaient également s’inscrire dans l’un des lycées français du Royaume : Lycée Descartes à Rabat, Lycée Victor Hugo à Marrakech ou Lycée Lyautey à Casablanca.

UNE ÉQUIPE CHARISMATIQUE

Depuis sa construction en 1951, le Lycée Youssef Ben Tachfine a connu une dizaine de directeurs. Le premier, M. Clément Pouchucq, occupa ce poste dès le début des travaux de construction et ce, jusqu’en 1960, année du tremblement de terre d’Agadir. Le premier surveillant général fut M. Antoine Pieraggi, le premier économe, M. Gaston Bouin, et la première secrétaire de direction, Mme Simone Chatelet. L’équipe comptait aussi trois chaouchs dont le chef se nommait Clovis. Saïd le Clovis (surnommé Azgagh) était un homme assez grand de corpulence, assez rougeaud, avec des yeux bleus, habitant Yahchech et toujours en blouse grise. Il avait la confiance des élèves. Pour leur part, les chaouchs se chargeaient des courses et courriers entre les bâtiments de l’établissement, du courrier postal (Clovis était délégué), de l’entretien des sanitaires et des classes, des ateliers et des jardins.

Cette ambiance familiale sera pourtant endeuillée lors du terrible séisme de 1960 qui a détruit Agadir. L’établissement, qui a résisté, a sauvé les élèves qui y étaient internés mais la plupart des autres élèves de la ville ont péri sous les décombres… Il ferma alors ses portes toute une année afin d’être restauré. Par la suite, il fut dirigé par M. Texier jusqu’en 1967, date où le Maroc fit le choix de placer des cadres marocains à la direction des différents établissements scolaires marocains.

YOUSSEF BEN TACHFINE

C’est en référence à Youssef Ben Tachfine, célèbre Sultan qui régna de 1071 à 1106, fondateur de la dynastie Almoravide et de la ville de Marrakech, que le Ministre marocain de l’Education nationale de l’époque, M. Mohamed Al Fassi, a nommé l’établissement, à partir du 1er octobre 1957 par dahir, paru au BO du 28 février 1958.

En 1964-1965, l’établissement scolaire devint un lycée, accueillant les différents élèves provenant des régions sud : Tata, Tiznit, Taroudant, Bizakaren,… Les différentes filières créées et le programme d’enseignement dispensé ont fait de lui la destination la plus prisée des élèves qui souhaitent un enseignement distingué et de qualité. Il devint le 1er Lycée au niveau du Sud du Royaume.

ANCIENS ÉLÈVES AUJOURD’HUI CÉLÈBRES

Le Lycée Youssef Ben Tachfine a joué un rôle catalyseur dans la promotion d’une région qui était alors connue pour un enseignement classique et coranique. Plusieurs figures de la scène politique, économique et culturelle régionale, nationale et internationale ont fait leurs études au sein de cet établissement, entre autres : Docteur Saadeddine El Otmani : le Chef du Gouvernement, Mme Mbarka Bouaida : Secrétaire d’état chargée de la pêche maritime, M. Tariq Kabbage : l’ancien Maire d’Agadir, M. Salah El Malouki : l’actuel Maire d’Agadir, M. Brahim Hafidi : le Président du Conseil Régional Souss-Massa, M. Karim Achengli : le Président de la Chambre de Commerce Souss-Massa, M. Omar Halli : Président de l’Université Ibn Zohr, Docteur Mohamed Cheikh Biadillah : l’ex-Ministre de la Santé, M. Larbi Aajoul : l’ex-Secrétaire d’état chargé des postes et télécommunications au Gouvernement de M. el Youssoufi en 1998, M. Noureddine Zerhouni : ex-Ministre de l’Intérieur Algérien, feu Abdallah Baha : ex-Ministre d’état, M. Omar El Aadmi (El hadrami) : ex-Wali de Settat, M. Noureddine Bouchkouj : ex-Secrétaire général de l’Union des parlements arabes, M. Ahmed Zerhouni : ex-Ambassadeur d’Algérie en Mauritanie, M. Gérard Sambrana : Ambassadeur de France auprès d’un pays africain, M. Dominique Strauss-Kahn : ex-Président du Fonds Monétaire International, M. Omar Hilale : l’actuel Représentant permanent du Maroc aux Nations Unies… et bien d’autres personnalités influentes d’ici et d’ailleurs.

ASSOCIATION DES ANCIENS ÉLÈVES DU L.Y.B.T.

L’idée de fonder « l’Association des Anciens élèves du Lycée Youssef Ben Tachfine pour l’Éducation et la Coopération Agadir » est venue après plusieurs rencontres entres amis de la même promotion, partageant une nostalgie commune de leur lycée.

Les objectifs de l’association sont, entre autres, d’ancrer des valeurs de solidarité chez les anciens du lycée ; de consolider les valeurs pédagogiques de l’établissement dans le domaine social et culturel, constituer un pôle civil muni de solides expériences professionnelles en vue de protéger le patrimoine de l’établissement ; de participer à l’élaboration et à la mise en œuvre de projets au profit de ses élèves ; de promouvoir un réseau de communication au sein de l’établissement via la collaboration avec sa direction ; d’organiser des activités scientifiques, pédagogiques, sportives et de divertissement en faveur des élèves de l’établissement et des adhérents de l’association ; d’organiser des rencontres dans différents domaines relatifs à l’éducation et à la formation ; d’intervenir auprès des autorités publiques et des acteurs socio-économiques et civils pour promouvoir le développement local ; faire connaître les différentes activités de l’association via les moyens de communication, collaborer avec les associations et les instances intéressées par le développement social, économique, culturel et sportif en vue de créer des partenariats.