LA TYRANNIE DU COMMUN

LA TYRANNIE DU COMMUN

À travers une série d’articles, l’auteur tente de saisir, avec un regard aussi critique que précis, deux choses : « ce qui fait culte et ce qui fait dupe, ce qui fait objet de dévotion inconditionnelle dans la société marocaine (les identités) et ce qui prend forme d’un semblant d’identité (les simulacres) ». Une tentative réussie dont le résultat est un ouvrage qui donne à réfléchir, voire même qui se veut parfois volontairement polémique, et qui ne fait aucune concession au puritanisme, au néo-conformisme, à l’obsession religieuse ou aux jeux de masques, le clientélisme… Bref, une liberté de penser aussi rafraîchissante qu’incontournable en cette période.

Propos intempestifs sur la société marocaine

À PROPOS DU LIVRE

Notre vie sociale ne se nourrit pas uniquement de la dynamique et de la volonté factuelles, elle est aussi le lieu d’un excès idéologique, de représentations collectives mystificatrices qui transforment les crédos hérités en vérités naturelles comme l’obsession religieuse, l’exaltation de l’identité, les stratégies de l’imposture et de la censure, le ressentiment face à l’Histoire, les formes exacerbées de la tradition, le rapport au corps, etc. En démonter les fausses évidences est à l’origine de ce livre. C’est une sorte de chagrin sociologique devant certains phénomènes extrêmes et « fascisants » de ce qu’on croit être la norme, la correcte attitude.

QUELQUES EXTRAITS

« Qu’est-ce appartenir à sa propre société aujourd’hui ? Qu’est-ce être « Marocain » ? La question a été maintes fois posée ces dernières années et c’est presque une fausse question parce qu’elle supposerait l’acquisition de quelque chose de définitif, la permanence immuable d’un état de chose, d’une essence drapée dans l’éternité d’une seule forme. N’empêche, si elle se pose, c’est peut-être un signe des temps, lorsque le présent semble confus, les brassages insupportables, l’avenir incertain ; ces interrogations chercheraient certainement à contourner idéologiquement ou existentiellement sa personnalité culturelle singulière, ou supposée comme telle, parmi les autres personnalités singulières.»

Page 21

« Ce qui importe, ce n’est pas vulgairement l’existence d’un écart par rapport à la « normalité » des valeurs de fonctionnement, mais cela incite, qu’on ne s’y trompe pas, à remarquer l’existence de la tiédeur consensuelle entre le modèle traditionnel pétri de règles de conformité, et le pragmatisme des autres possibilités. »

Page 41

La Tyrannie du commun de Hassan Wahbi, éditions La Croisée des Chemins, 2019.

Disponible chez Al Mouggar livres Agadir : 75 DH