LE MYTHE DE CTHULHU

LE MYTHE DE CTHULHU

Un style avant-gardiste, poignant, circonstancié et, c’est le cas de le dire, séculaire. C’est l’avant-goût que nous esquisse le style d’Howard Phillips Lovecraft qui a, tout à son honneur, été le père fondateur d’un genre littéraire éponyme en Amérique. Première pierre d’un édifice qui dressera tant l’inspiration hollywoodienne que l’engouement médiatique qui en découlera pour les décennies à venir.

Ainsi, c’est dans « Le Mythe de Cthulhu » (« The Myth of Cthulhu » dans sa version originale) que se ressent toute la portée phraséologique et imaginaire du genre lovecraftien.

Dans un récit d’enquête rédigé à la première personne, on suit les péripéties de Francis Wayland Thurston, anthropologue résidant à Boston, qui se voit acquérir l’intégralité de l’héritage de son grand-oncle George Gammell Angell, professeur émérite en langues sémitiques, mort dans des circonstances aussi floues qu’incompréhensibles.

Fort de découvertes aussi troublantes qu’étranges en fouillant les travaux de son parent décédé (dont notamment une statue de divinité païenne ne s’apparentant à aucune culture humaine connue), Thurston s’enrôle dans un persona de détective privé afin de tirer cette affaire au clair pour des motivations relevant plus d’une satisfaction de curiosité personnelle que d’un quelconque sens de justice.

Au cours de ses investigations, le protagoniste se retrouve dans la ligne de mire de groupes d’individus (et d’entités) indépendants. Chacun religieusement engagé à lui extirper la vie et le fruit de ses recherches qui sont allées plus loin que de raison…

Entre mythologie antédiluvienne, ésotérisme occulte, sacrifices humains et sciences d’un irrationnel à mi-chemin entre la théurgie et la goétie, l’histoire est écrite dans un style documentaire. Avec des récits indépendants, reliés par un chroniqueur dont la narration aporétique saurait faire douter le plus sceptique des lecteurs de la véridicité de cette fiction angoissante tant l’atmosphère est immersive le long des 191 pages du roman.

L’ostensible négligence de l’écrivain misanthrope envers la probité et les mœurs sociales de son époque se dépeint en couleurs-marasme dans les traits des personnages de son histoire, s’affirmant souvent avec des opinions à la morale indécente, dissidente.

H.P Lovecraft est ce nom célèbre qu’on associe au génie d’intrigue et de noirceur, pionnier d’un nouveau type de roman d’horreur qui continue à bouleverser la littérature américaine depuis l’aube du siècle dernier.

De Howard Phillips Lovecraft, Éditions J’ai lu, 50 DH sur commande chez Al Mouggar Livres Agadir ou téléchargeable sur internet.