LE PUBLIC, STAR DU FESTIVAL TIMITAR 2018

LE PUBLIC, STAR DU FESTIVAL TIMITAR 2018

La version 2018 du Festival Timitar, Signes et Culture, est l’édition de tous les succès ! En effet, la manifestation,qui s’est déroulée du 4 au 7 juillet 2018, a attiréun public en liessevenu répondre à l’appel des artistes amazighs accueillant les musiques du monde. Des foulesentières se sont déplacées et ont fait la fête jusqu’à des heures avancées de la nuit.À elle seule, la soirée de clôture a drainé plus de 200.000 festivaliers. Sachant que le nombre global de spectateurs a largement dépassé un million sur les quatre jours qu’a duré l’événement. Pourtant, aucun incident majeur n’a été enregistré. Et ce, grâce à un public qui a brillé par son civisme et à un dispositif sécuritaire comptant plus de 2000 membres des forces de l’ordre, déployés partout dans la ville et sur la plage afin de veiller au bon déroulement des festivités. Une mission réussie haut la main.

« Le public a brillé par son civisme »

En tout, 40 spectacles ont été présentés sur trois sites dédiés, à savoir, la Place Al Amal, le Théâtre de Verdure et la Corniche d’Agadir. Pour assurer le show, plus de 400 artistes issus de différents pays : Espagne, Tunisie, France, Liban, Niger, Mali, Sénégal, Egypte, Algérie, Madagascar, Cuba, Jamaica, USA, Iles Canaries, Pays-Bas et Maroc. Du côté marocain, les spectateurs avaient rendez-vous avec Oudaden, Douzi, AymaneSerhani, Youness, Zina Daoudia, Aminux, Larbi Imghrane, Hamid Inerzaf, Cherifa, Hadda Ouakki, Toudert, Farid Ghannam, Imdoukal Tafraout, Shayfeen, Taskiwine, Rais LahoucineAmarrakchi, Rais LahoucineElbaz, Rais Ahmed Bizmaoune, Rais LahoucineAmentag, Rais Belmoudden, RaissaKeltouma Tamazight, Raissa Fatima Tamanarte. En plus des troupes musicales d’Ahwach Argan Tafraoute, AhidousIzourane, AhwachTagmout et RokkbaAhlEssalam…Du côté des internationaux, le public a pu applaudir The Wanton Bishop du Liban, InnerCircle de Jamaica/Usa, Samira Brahmia d’Algérie, EmelMathlouthi de Tunisie, Marema de Sénégal, 3MA de Maroc/Mali/Madagascar, Babylone d’Algérie, KelAssouf de Niger, Virginia Guantanamera de Cuba, Malca de France, Kasba des Pays-Bas, Aywa de France et Gabacho Maroc de France/Espagne/Maroc… De quoi satisfaire tous les goûts musicaux et répondre aux attentes des mélomanes.

« Ce  festival est pour nous une vraie bouffée d’air frais, un pur moment de bonheur durant lequel les amazighs peuvent faire porter leur voix !», s’extasie une jeune spectatrice.

La manifestation est en effet l’occasion de partager l’universalité de la culture amazighe, aussi bien à travers la musique, les colloques ou encore la production d’albums d’artistes amazighs locaux. Cette année,  « Amarg » deRibab Fusion a vu le jour grâce au soutien de l’Association Timitar, organisatrice du festival. « Les moyens varient, certes, mais le but reste le même : promouvoir notre culture amazighe et montrer qu’elle fait partie de la diversité  et de la richesse de l’identité marocaine », explique Abdallah Ghallam, Président de l’Association Timitar. Cette année, les organisateurs ont également frappé fort avec la présentation de la pièce « Lettres à Nour », une adaptation du roman du philosophe et islamologue Rachid Benzine :«Nour, pourquoi n’ai-je rien vu venir?» (Ed. du Seuil, 2016). Le spectacle,mis en scène par AbderrazakZitouni et présenté pour la première fois en langue amazighe, a touché, peiné, révolté, conquis… et séduit un public à la merci d’une troupe théâtrale qui s’est distinguée par son jeu, sa musique, ses danses, sa créativité et sa maîtrise. Lastanding ovation à laquelle comédiens, metteur en scène, auteur… ont eu droit à la fin du spectacle tombait sous le sens.

Il serait bon de créer une fondation de promotion

de la culture amazighe durant toute l’année

Dans la même veine, Taskiwin, danse martiale du Haut-Atlas marocain, a fait l’objet d’une table-ronde regroupant plusieurs experts. Cette danse, faut-il le rappeler, est vieille de centaines d’années et tire son nom de la corne richement décorée que porte chacun des danseurs : le Tiskt. Sur proposition du Royaume du Maroc, Taskiwina été inscrite sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Aujourd’hui plus que jamais, avec l’essor croissant de l’amazighité, il serait de bon ton de créer une Fondation dédiée à cette noble cause. L’objectif étant d’assurer la continuité des actions menées dans le cadre de Timitar, afin de promouvoir la culture amazighe durant toute l’année. Et non seulement pendant la durée du festival.

Placée sous le Haut Patronage Royal, la 15e édition du Festival Timitar, Signes et Culture, est organisée par l’Association éponyme et soutenue par la collectivité territoriale d’Agadir, la Région Souss Massa, la Wilaya de Souss Massa, l’Office National Marocain du Tourisme (ONMT) et l’Association des Hôteliers d’Agadir. Cet événement est reconnu parmi les 25 meilleurs festivals du monde par le prestigieux magazine anglais Songlines. Une référence.

UNIVERSITÉ D’ÉTÉ D’AGADIR

« L’amazighité à l’ère du numérique » est le thème retenu par la 14e édition de l’Université d’été d’Agadir (UEA), organisée du 1er au 5 juillet 2018 dans le cadre de Timitar Off. Plus de 28 chercheurs issus de 16 Universités et Instituts y ont participé pour représenter leur pays d’origine. À savoir, l’Algérie, la Tunisie, la France, les Pays-Bas-Espagne et le Maroc. À noter que l’Algérie est venue en force avec 12 chercheurs issus de 5 universités différentes afin d’enrichir le débat. « Le monde numérique est un salut pour la langue et la culture amazighes, cet outil est un bon moyen pour promouvoir et pérenniser l’héritage amazighe ancestral », explique Hocine Bouyaacoubi, Président de l’UEA.

Parmi les thématiques retenues lors de cette rencontre qui s’est étalée sur cinq jours. Entre autres, « les TICs, le TAL et l’enseignement numérique de l’amazigh », « Dictionnaires amazighes bilingues en ligne : Exemple du dictionnaire amazighe-catalan, catalan-amazighe », « Business et identité amazighe, vers le déploiement du numérique », « La bibliothèque numérique franco-berbère », « L’amazighité en Tunisie à l’ère du numérique »… ou encore, « L’identité amazighe et le monde numérique ».