TALBORJT, UN QUARTIER TOUJOURS PIONNIER

TALBORJT, UN QUARTIER TOUJOURS PIONNIER

Maillon clé du Projet de réhabilitation de Talborjt, l’entreprise Zerkdi a démontré, tout au long du chantier, une direction de travail rigoureuse, mais aussi empathique envers l’environnement social et commercial du quartier. De fait, le projet Talborjt représente bien plus qu’un cahier des charges pour Ahmed Zerkdi, l’entrepreneur, qui puise à la foisdans son expérience et dans ses souvenirs pour avancer avec son équipe avec respect et sensibilité. Pour ce dossier spécial Talborjt où nous faisons le point sur les aménagements, nous avons souhaité recueillir, non pas seulement des détails techniques, mais aussi les émotions de l’entrepreneur. Rencontre.

« Une belle dynamique a existé dès le début des travaux. »

« Aujourd’hui que les travaux de Talborjt ont bien avancé, tout le monde vante la nouvelle dynamique du quartier, or, elleexistait dès le début des travaux.C’est un projet qui me tient à cœur et je remercie le professionnalisme de tous les services extérieurs qui nous ont épauléssur ce chantier, notamment au niveau des innombrables analyses du sol,dudifficile travail de repérageet de réfection à neuf de tous les réseaux souterrains.

La réactivité de tous les intervenants est également à saluer. Ces derniers ont marqué présents autant que nécessaire. Les parkings, par exemple, ont dû être récupérés à ceux qui les avaient obtenus par des marchés, un point difficile sur lequel la Municipalité a dû intervenir en amont. Celle-cise montre aussi très exigeantequant à l’éclairage public et au mobilier urbain qui doivent êtreà la fois fonctionnels et de qualité. Tous les détails sont pris en compte.

« Le chantier de Talborjt a exigé de nous un service sur-mesure et totalement inédit. »

Je pense notamment aux carreaux de marbre que nous avons taillés un par un aux dimensions souhaitées, à l’épaisseur particulière du granito que nous avons posé ou aux qualités drainantes du béton. Nous avons réglé le problème des racines d’arbre qui,autrefois, bloquaient les systèmes d’assainissement et soulevaient les dallages, en fabriquant des jardinières qui entraînent les racines vers le bas. Aujourd’hui, on peut également circuler sans rencontrer de marches de trottoir, ce qui n’était pas le cas avant. C’est un travail durable appuyé d’une démarche écologique et il faut saluer le travail de ceux qui ont imaginé ce projet.

Ce chantier n’entre ni dans la catégorie du bâtiment, ni du génie civil. C’est un travail titanesque, même si bien souvent, les gens n’en ont pas conscience.Nous avons tout fait pour ne pas déranger les résidents en utilisant des groupes électrogènes insonorisés. Nous les avons laissé circuler sans arrêter le chantier. C’était un vrai challenge.De leur côté, les habitants se sont montrés coopératifs et positifs pour la plupart, n’hésitant pas à nous aider à leur niveau, à encourager nos techniciens.

Ce quartier a bénéficié de la part du lion dans notre ville. Ses habitants, ses commerçants, doivent être conscients qu’ils sont privilégiés et faire un effort d’aménagement de leurs espaces privés. D’ailleurs, je tire mon chapeau à ceux qui ont investi ou sont en train de le faire pour se remettre à niveau.Au-delàdes entretiens municipaux de routine dont bénéficiera le quartier, il serait souhaitable que les résidents se regroupent en syndics pour prendre soin de leurs rues et de leurs jardins.

« Talborjt reste dans la continuité de la vision de l’ancienne ville. Ce quartier était d’une conception pionnière au Maroclors de sa construction et il le redevient dans sa réhabilitation. »

Chaque maison a été conçue en riad et je les imagine bien, dans le futur, changées en musée, en restaurant, en galerie d’art… En se mettant à niveau, les hôtels de Talborjtpourraient même renforcer l’offre hôtelière du front de mer tout en la diversifiant, car le quartier attirera un touriste culturel, curieux de rencontrer les gens de la ville… Ces hôtels créeraient une dynamique nouvelle dans ce quartier.

Talborjt est conçu comme une zone commerciale ouverte et il faut la considérer comme telle, ce qui veut dire que nous devrions nous habituer à stationner à sa périphérie pour la parcourir à pied, à l’instar de ce que nous faisons au Souk Al Had. C’est un concept qui est censé faire marcher tous les commerces et non pas un seul devant lequel vient se garer le client. Cela crée de l’animation.

« Autrefois, les hippies adoraient l’atmosphère peace& love de Talborjt »

Dans son histoire, Talborjt a connu plusieurs époques. Il y a eu d’abord la vague des hippies qui le fréquentaient au même titre que Taghazout et ParadiseValley. Lorsque ces derniers arrivaient à Agadir, c’est à Talborjt qu’ils allaient dormir car ils adoraient son atmosphère peace& love. Il serait intéressant d’éplucher les anciens registres des hôtels, nous y trouverions sûrement des artistes de grande renommée. C’était un autre monde…

Quant auTalborjt de mon enfance, c’était le centre d’Agadir, là où nous avons tous grandi. Nous allions à l’école Youssoufia (fermée aujourd’hui) et nous y passions notre temps libre. J’ai connu Talborjt en travaux, je l’ai vu se monter. À notre époque, la rue la plus animée était une rue transversale non loin du cinéma Sahara. Elle abritait un café, le « Mille et Une Nuits » où nous allions le samedi regarder Oum Keltoumet les concours intervillesà la télévision.Il y avait aussi le café de « Da Saïd » où nous jouions au billard et le café-restaurant « Sabir » qui avait beaucoup de succès.Sur l’Avenue Kennedy, il y avait un magasin, « Pop Musique », qui vendait des disques et la Pâtisserie du Souss qui était déjà là. Non loin de l’école Youssoufia, nous avions fait notre petit night-club que nous avions appelé « Tataginte ». Le lieu appartenait à un de nos amis. Il était vide et nous l’avions aménagé avec des lumières pour aller y danser le week-end.»