UN CHANT DANS L’ÉTROITESSE DES JOURS

UN CHANT DANS L’ÉTROITESSE DES JOURS

HOMMAGE PATERNEL À NABIL…

« Il est des textes qu’on ne souhaite à personne de devoir écrire un jour lorsque le deuil les porte comme un tremblement de soi, confrontation à l’impuissance de sceller le vide de l’absence, d’accepter le réel perdu. Rien ne résout cet irréparable, n’éclaire le crépuscule du proche ravi, ne nous guérit de la faiblesse humaine face au deuil. … Que le fils disparaisse avant soi est insupportable. C’est un viol inouï des lois de la nature et des règles de la filiation. Et le langage, ultime pierre de touche, n’est là qu’en tant que paradoxe de mise en lien de l’absence et de la présence, de la reliance infinie avec l’enfant arraché à l’habitude de vivre, à notre être de sens. D’où ce recueil simple, immédiat, cherchant à réduire l’éloignement sans restituer l’autre, mais désespérément la beauté de son absence malgré la cruauté du temps, la conversion des destins. » H.W.

Écrit dans les jours troubles qui ont suivi le décès de son fils, ce recueil de poèmes témoigne des mots de Hassan Wahbi à Nabil, parti à l’âge de vingt-cinq ans dans son sommeil la nuit du dimanche au lundi 21 novembre 2016, dans un doux silence qui traduit peut-être le sens d’une vie.

Bouleversant, le dessin de couverture évoque un visage dans lequel le père a reconnu le fils… un visage jeune pour l’éternité dans l’apaisement d’un sommeil profond… Dans la réalisation de ce dessin, tout semblait prédestiner l’illustratrice Diane de Bournazel : « L’image chez elle est poésie ; elle évoque le chemin menant de l’ombre à la lumière – et du jour à la nuit. » dit d’elle Alain Gorius des Editions Al Manar.

Hassan Wahbi est universitaire à Agadir. Son recueil « Un chant dans l’étroitesse des jours », édité chez Al Manar, est disponible chez Al Mouggar Livres à Agadir.

« Mais la vie reviendra, elle aura tes yeux. »

« Maintenant que tu es ivre de silence j’entends toutes tes langues, tes images, ce que tu as perçu du monde, ce que tu en dis souvent : ces aveuglements des civilisations, ces puissantes vénalités, ces temps chaotiques, cyniques qui t’inquiètent ; tu cites souvent Cioran, Camus et bien d’autres, séduit par leur lucidité, la ressemblance des blessures et des réticences, l’alternance des abîmes et des cimes.

Il ne se passe pas un jour sans que tu exprimes tes doutes audacieux devant la folie des certitudes. Par moments nous partageons nos solitudes. Ecorché tu souffres peut-être de la souffrance même, vivant dans la mort probable du monde, tu restes vif, pensif, intranquille, non-conformiste mais aimant, regard tourné vers les êtres. » H.W.