UN NOUVEAU TALBORJT EN EFFERVESCENCE

UN NOUVEAU TALBORJT EN EFFERVESCENCE

Voici quatre ans que nous abordions dans ces pages le projet de réhabilitation de Talborjt. Aujourd’hui, les travaux ont bien avancé et le rythme s’accélère. Mieux encore, c’est toute l’atmosphère du quartier qui gagne en effervescence. Après des débuts en demi-teintes où l’initiative fut plus ou moins bien acceptée par les riverains, un bel enthousiasme gagne désormais tout le quartier. Portant le nom d’Adecot, ce projet de réhabilitation a été créé dans une lignéede transferts de savoirs entre les Îles Canaries et notre Région Souss Massa, sur la base d’un plan de revitalisation socio-économique des commerces existants et de leur potentiel de développement. S’il a suscité au départ d’inévitables inquiétudes de la part des habitants, le projet Adecot s’est toujours voulu rassurant, guidé par un slogan prometteur : « Dans le passé réside l’histoire de l’avenir ». Talborjt sera donc toujours Talborjt… en mieux !À la veille de clôturer la 2e tranche du projet et d’en entamer une nouvelle, nous sommes revenus sur les lieux à la rencontre des acteurs du projet. Car derrière cette réalisation, il y a d’abord des personnes sensibles et empathiques à l’écoute des résidents.C’est ainsi que dans la part urbanistique du projet, l’Architecte HindMarhfour ne se contente pas de suivre le plan de travail prévu mais accorde aussi une grande attention au volet humain du projet. Entretien.

« Ce projet estavant tout fait pour ceux qui y vivent. »

« Le choix de réhabiliter ce quartier et de le réaménager en zone commerciale ouverte ne s’est pas décidé par hasard. C’est le résultat d’une étude qui a porté sur son positionnement, non seulement par rapport à quelques bâtiments qui s’y trouvent, mais surtout par rapport à l’ensemble de la ville, à un certain cheminement. Il faut donc voir cette action au sens large car l’impact de ce quartierest stratégique, de par sa situation,sa nature, son histoireetle fait qu’au lancement des travaux, il intégraitune vision globale de plusieurs projets,notamment un circuitpiétonnier partant de la promenade du front de mer, remontant la Vallée des Oiseaux, la grande place El Amal, Uniprix, le Marché Central et ainsi de suite jusqu’au boulevard Cheikh Saadi.On y trouve aussi des bâtiments intéressants, des activités fédératrices, une redynamisation descommercesqui ont toujours été le moteur du quartier et des points de convergence de plusieurs circuits piétonniers… C’est donc un quartier très sollicité, d’où l’intérêt de le mettre en valeur. C’est un choix qui se justifie complètement d’un point de vue urbanistique.

«La Phase deux est en cours de finalisation »

Nous approchons du terme de la 2e tranche, prévu pour fin juillet 2018. Il ne reste que les finitions : l’éclairage à mettre en place, le mobilier urbain à poser, les plantes à intégrer dans les jardinières… Ensuite, le projet ne se limitera pas aux grandes avenues, il englobera un ensemble s’étendant de l’Avenue My Abdellahaux limites du Jardin Ibn Zaydoun. Le Jardin Olhao lui-même est promis à s’ouvrir vers l’extérieur dans un futur proche et nous projetons, assez rapidement, de nous occuper de l’intérieur des îlots du quartier. Chaque phase de ce projet est cruciale, chacune s’impose et en appelle une autre. C’est un enchaînement logique d’actions.

ET LES RIVERAINS ?

Il y a eu une grande évolution dansle regard que les riverains portent sur le projet, c’est une belle satisfaction ! Si l’on envisage le chemin parcouru depuis le début des travaux et nos contacts réguliers avec les habitants et les commerçants, nous constatons un changement radical. Ils sont de plus en plus convaincus du bien-fondé de ce projet. Dans ce genre d’action, il y a toujours des réticences au départ, ce qui est normal car il faut du temps pour comprendre la vision d’un projet. Mais,autant que possible, nous les avons intégrés à la démarche, nous les avons renseignés sur l’évolution du projet, écouté leurs remarques, pris leur avis et apporté quelques modifications au fur et à mesure. Nous nous sommes adaptés avec une certaine flexibilité car ce projet est avant tout fait pour eux.Dans sa version actuelle, le projet est donc un peu différent de sa version d’origine au niveau des stationnements, des pistes cyclables, de plein d’autres détails. Lorsqu’il est impossible de modifier, nous l’expliquonsaux riverains et ils comprennent, c’est une vraie concertation à laquelle ils participent pleinement. Aujourd’hui, à Talborjt,nous ressentons un énorme enthousiasme général. Il y a une vraie prise de conscience de la valeur qu’est en train de prendre le quartier. Nombre d’entre eux ont entrepris des travaux, des transformations de leurs locaux. Une dynamique très intéressante est en train de s’installer dans le quartier.

À QUOI RESSEMBLERA LE QUARTIER DANS SA VERSION FINALE ?

Nous œuvrons depuis des mois à réorganiser ce domaine public mais il faudra rapidement en définir les standards, en coordination avec les services municipaux. Pour donner une identité harmonieuse au quartier, il est nécessaire d’uniformiser les couleurs des aménagements privés extérieurs et de réglementer l’occupation des terrasses. L’anarchie qui règne aujourd’hui entrave réellement l’esthétique du quartier telle que prévue dans le projet initial. Il est aussi primordial de se pencher sur les activités proposées dans les artères du quartier. La tendance d’ouvrir des commerces de façon aléatoire montrera ses limites. Nous constatons malheureusement une préférence démesurée pour les commerces de bouche qui dominent le paysage et limitent l’offre de produits et de services. Ce qui me tiendrait à cœur ? Intégrer Talborjt dans une dynamique de promotion touristique. Les bâtiments pourraient être identifiés selon leur intérêt architectural, leurs histoires, leurs propriétaires,… Un plan spécifique d’activités pourrait y être développé afin d’y voir naître de petits riads, des maisons d’artistes avec des ateliers,… Il faut varier la réflexion. Le cheminement de ces ruelles est bien pensé et très intéressant. Encore une fois, l’appui de la Municipalité est impératif dans cette vision. »