UN TOUR DU MONDE SANS JETLAG NI LONG-COURRIER

UN TOUR DU MONDE SANS JETLAG NI LONG-COURRIER

INFLUENCES AMAZIGHES
À la croisée des migrations et traversées océaniques, les Îles Canaries ont conservé des traditions des quatre coins du monde, héritages d’une longue histoire avec l’Afrique, l’Europe et l’Amérique. Après les influences cubaines de l’île de La Palma, nous vous invitons à découvrir aujourd’hui la persistance d’un patrimoine bien plus ancien, que nous partageons aussi : la culture amazighe. Comment, en effet, ne pas être troublés par ces « carneros » si ressemblants à nos « boujloud », par ce fameux gofio, spécialité culinaire canarienne si semblable à notre « toumit » en amazighe ou « zemmita » en arabe… Sous l’expertise de notre consultant Benjamin Eche Cazelles, Spécialiste des marchés canariens et africains, nous vous emmenons en voyage à la découverte des particularités multiculturelles de l’archipel canarien. Attachez vos ceintures, notre tour du monde canarien continue.

CÉLÉBRATIONS D’ORIGINE AMAZIGHE
L’origine amazighe des premières populations des Îles Canaries fait désormais l’unanimité et certaines coutumes, traditions et festivités populaires sont issues de cette époque. Les plus emblématiques illustrent le mode de vie d’une société en harmonie avec la nature. C’est ainsi que l’excellent Guide d’Écotourisme de la Réserve de la Biosphère de Gran Canaria, récemment publié par le cabinet Birding Canarias, attribue à ces origines amazighes la célébration de « El Charco » qui rassemble, chaque 11 septembre, habitants et curieux autour d’un étang marin aux abords de la plage de La Aldea de San Nicolás pour y pêcher des lises à mains nues, commémorant ainsi une technique de pêche jadis utilisée, consistant à tremper des chardons fraîchement coupés dans les eaux fermées afin que le latex secrété par leurs tiges étourdisse les poissons qui se laissent alors docilement « cueillir ».

LES CARNEROS DE L’ÎLE D’EL HIERRO
Le même Guide relate que la festivité de La Rama – la branche -, un des plus importants rassemblements de l’archipel dans le charmant port d’Agaete, consiste à se rendre dans les forêts des hauteurs de la ville pour en soustraire une branche qui sera escortée en fanfare et en danses jusqu’au littoral pour la battre contre les flots, réclamant ainsi que la pluie abonde et que les cultures soient épargnées de tous fléaux. Citons également les traditions des Carneros sur la petite île de El Hierro à l’ouest de l’archipel et des Diabletes sur l’île de Lanzarote, proche des côtes marocaines, qui rappellent sans équivoque celle de nos Boujlouds : mêmes tenues en peaux, même attitude des protagonistes et même terreur joviale de leurs jeunes victimes… Un même patrimoine culturel maintenu entre nos rues soussies et canariennes, encore plus voisines en ces jours de festivités populaires.

LA MAISON DE L’AFRIQUE
Les Îles Canaries sont la région espagnole la plus proche de l’Afrique, d’un point de vue géographique, mais également social, par ses origines et les relations historiques et constantes qu’elle maintient avec divers pays du continent voisin, qui sont, depuis toujours, celles de voisins et collaborateurs, d’égal à égal dans une perspective gagnant-gagnant, et se déclinent depuis des décennies en volets diplomatiques, économiques, culturels ou de coopération au développement. Ces relations historiques et ouvertes ont fait de l’archipel, au fil du temps, une des principales portes vers le continent pour les organisations de toute l’Espagne, d’Europe et d’Amérique qui souhaitent se rapprocher de l’Afrique. C’est par une volonté de décentralisation et de régionalisation avancée que le Gouvernement espagnol a créé, aux Îles Canaries, la Maison de l’Afrique : Casa África (www.casafrica.es)

AU CŒUR DE LA VILLE COSMOPOLITE
Casa África est un organe diplomatique dédié à la valorisation et aux relations avec le continent. Ses installations accueillent de nombreuses activités d’échanges, de réflexion et de divulgation sur les richesses économiques, sociales et culturelles du continent africain et les relations espagnoles avec ce continent. Elle se veut la maison de tous les Africains d’Espagne et amis de l’Espagne, et une invitation constante lancée à ses concitoyens pour connaître et se rapprocher des peuples africains. Il existe également un organisme homologue à Madrid, la Maison espagnole du Monde Arabe – Casa Árabe (www.casaarabe.es) – qui s’attache à mettre en valeur les richesses culturelles, intellectuelles et économiques du Monde Arabe et à les divulguer à la société espagnole. Casa África a été inaugurée en 2006 au cœur de la ville canarienne la plus connue d’Afrique, Las Palmas de Gran Canaria.

LES FACETTES DE LAS PALMAS
Las Palmas est une urbanisation dense le long d’une presqu’île bordée, à l’ouest, de la magnifique plage urbaine de Las Canteras et à l’est par une des plus grandes infrastructures portuaires de cette aire de l’Atlantique, avec autrefois une forte activité de pêche et aujourd’hui de performants chantiers navals, et de tous temps, un trafic substantiel de marchandises. Elle a su allier modernité et tradition, c’est une ville ouverte au monde, habitée et faite de ce monde qui s’y croise ou s’y établit depuis des siècles. Las Palmas de Gran Canaria propose à ses visiteurs un tour du monde en tongues et manches courtes : entre ses paisibles rues se mêlent les sons, les goûts, les visages, les parfums d’Afrique, d’Asie, d’Amérique Latine, d’Europe, à la propre culture canarienne, elle-même agrégat singulier de ces dernières comme nous avons voulu vous le conter dans ces pages.