UN TOUR DU MONDE SANS JETLAG NI LONG-COURRIER

UN TOUR DU MONDE SANS JETLAG NI LONG-COURRIER

PRÉPAREZ VOS VALISES…

Faire le tour du monde, qui n’en a jamais rêvé… Un projet pourtant pas toujours réalisable dans la pratique. Ce rêve, les Îles Canaries le mettent à notre portée à moins de deux heures de chez nous. Comme autant de petits continents, les sept îles offrent une diversité de climats et de reliefs et surtout, perpétuent des traditions des quatre coins du monde, héritages mêlés d’une longue histoire tissée avec l’Afrique, l’Europe et l’Amérique, celle de Christophe Colomb… Sous l’expertise de notre consultant Benjamin Eche Cazelles, Spécialiste des marchés canariens et africains, nous vous emmenons en voyage à la découverte des traditions multiculturelles et des particularités qui caractérisent chacune des îles et témoignent de leurs influences historiques et climatiques. Préparez vos valises car, comme pour un tour du monde, nous partons pour plusieurs escales et plusieurs numéros.

LES CARAÏBES À UNE HEURE DU MAROC

Au XVe siècle, les civilisations européennes pensaient qu’à l’archipel des Canaries, concrètement à sa petite île occidentale de El Hierro, se terminait le monde. Puis, c’est depuis l’île de La Gomera que, le 6 septembre 1492, Christophe Colomb et son équipée se lancèrent à l’assaut de l’océan vers l’inconnu. L’explorateur trouvait alors sur l’île l’eau, les vivres et le repos nécessaires avant d’entamer ses voyages. Les équipages des dernières traversées de Colomb recrutèrent de nombreux natifs canariens et c’est ainsi que ce peuple d’origine amazigh et donc africaine, initia ses premières migrations vers les Amériques. Dans cette continuité, des familles canariennes furent les fondatrices de villes aujourd’hui importantes des Amériques comme Montevideo ou San Antonio au Texas. Alors que l’on découvrait un « Nouveau Monde » naissait la vocation tricontinentale de l’archipel canarien.

UNE HISTOIRE DE MIGRATIONS

Par la suite, de successives vagues d’émigration, au fil des régimes et des époques, marquèrent les populations des Canaries et de diverses régions d’Amérique Latine. À la fin du XIXe siècle et au début du suivant, la famine qui ravagea l’archipel poussa une fois de plus ses habitants à l’exode massif. Beaucoup trouvèrent refuge au Venezuela, à Puerto Rico et à Cuba. Plus de 120.000 Canariens traversèrent l’Atlantique… Depuis la fin du XXe siècle, les flux migratoires se sont inversés. Nombre de Sud-Américains, la plupart issus de la diaspora canarienne, reviennent dans l’archipel européen en quête de leurs racines et d’une meilleure qualité de vie. Héritier de ces échanges humains et matériels entre l’Amérique Latine et les Canaries, le patrimoine culturel de l’archipel est aujourd’hui riche de ces influences qui marquent ses musiques, son artisanat, sa gastronomie et ses coutumes.

LA PALMA, L’AUTRE TERRE DU CIGARE

La première récolte de tabac à La Palma a été recensée en 1730, au sein du Parc National de La Caldera de Taburiente. Si cette île, la plus verdoyante des Canaries, offre des conditions tropicales idéales pour la culture du tabac, le climat n’en est pas la seule raison. L’histoire de La Palma a été, en effet, particulièrement marquée par l’émigration de ses habitants. Plus de 20% de sa population débarqua au port de La Havane au cours du XIXe siècle. L’île caribéenne de Cuba était déjà première productrice mondiale d’un produit de plus en plus prisé autour de la planète : le tabac. Certaines des familles canariennes, beaucoup d’agriculteurs et de pasteurs, obtinrent une licence pour cultiver et produire du tabac. Lorsqu’au siècle suivant, ces mêmes familles revinrent habiter leur île natale, c’est en expertes de cette culture et de la confection artisanale des cigares qu’elles le firent.

À LA DÉCOUVERTE DES « CHINCHALES »

Héritage de l’histoire, c’est donc tout naturellement que le tabac actuellement cultivé sur l’île de La Palma provient de graines importées de Cuba dans les années 40 du siècle précédent. Aujourd’hui, la douzaine de « chinchales », comme on appelle ces petites fabriques de cigares restantes sur l’île, ont atteint une telle qualité de production que les cigares artisanaux canariens figurent parmi les plus appréciés des connaisseurs du monde entier. Prendre le temps de visiter le Musée du Cigare de la Commune de Breña Alta (www.museodelpuropalmero.com) ou l’une de ces fabriques de cigares canariens, est un voyage dans le temps à la découverte d’un savoir-faire artisanal, conservé et transmis de génération en génération, mais aussi d’une culture caribéenne chaleureuse et riche en émotions… L’odorat, la vue, le toucher, le goût, l’ouïe, tous les sens en sont éblouis.

LES VOIX CUBAINES DE L’ARCHIPEL

La musique reste le meilleur passe-temps des longues traversés transocéaniques et le patrimoine le moins encombrant que puisse emporter l’homme dans son exode. Il n’est donc pas étonnant qu’elle aussi soit marquée par les relations historiques des Îles Canaries avec l’Amérique Latine et que les expressions artistiques en soient fortement influencées. On retrouve certains chants canariens dans le folklore musical de diverses zones des Caraïbes et des Andes, jusqu’au Texas ou en Louisiane où des familles canariennes installées depuis le XIXème siècle conservent leur héritage culturel. De même, pour ces racines communes et la proximité culturelle, de nombreux artistes cubains contemporains qui sortent de la célèbre École Nationale des Arts de La Havane, ont élu l’archipel européen pour poursuivre leur carrière internationale et partager la culture de Cuba tout autour du monde.

STARS QUI ONT CHOISI LES CANARIES

C’est par exemple le cas de Juan Javier Rodríguez, virtuose des percussions qui, avec son vibraphone et entouré de son quartet « Havana Vibes », revisite la musique classique et contemporaine cubaine pour la fusionner avec le jazz-funk de ses compères canariens. La légendaire chanteuse de musique traditionnelle cubaine, Carmelina Barberis, vit à La Palma depuis 1995 où elle continue à se produire, tout comme sa fille, Chabela, qui perpétue la tradition artistique de la famille. Citons encore Mayelín Naranjo ou Virginia Guantanamera, nominée pour divers prix internationaux, et qui, après une tournée entre Tokyo, La Havane et Mexico, a triomphé en novembre dernier sur les planches du Théâtre National Mohammed V de Rabat dans le cadre du Salon Visa For Music. Ce n’est donc pas un hasard si les Îles Canaries ont le « son » cubain et une sensibilité musicale particulière. Venez les découvrir…

LA JAMAÏQUE AU FESTIVAL « FEELING »

Restons dans les mélodies caribéennes, celles de la Jamaïque, à La Laguna sur l’île de Tenerife. La musique Reggae est autant appréciée qu’interprétée au sein de l’archipel canarien. Cet été, venez profiter d’un événement reggae sans précédent, le « Feeling Festival » où, huit heures durant, la ville vibrera au rythme des « Bad Boys » du reggae jamaïcain Inner Circle et de leur mythique refrain des années 90, « A La La La La Long » ; des Anglais d’Asian Dub Foundation et de la scène contemporaine représentée par une des plus grandes stars du moment, Gentleman & The Evolution. Ils seront accompagnés, au long de cette soirée, de la vibrante scène canarienne qui triomphe dans toute l’Espagne et au-delà : Ras Kuko, Ruts & La Isla et Eclipse Reggae. Prenez notes : le 5 août 2017, la crème de la musique reggae se savourera à deux heures d’Agadir. (www.facebook.com/feelingfestivaltenerife).