UNE JEUNESSE QUI SE BAT POUR SES IDÉAUX

UNE JEUNESSE QUI SE BAT POUR SES IDÉAUX

Aujourd’hui, nous initions une rubrique qui nous tient particulièrement à cœur. Tout à commencé par une visite d’observation, dans nos bureaux, du Club Journal du Lycée Français d’Agadir qui en est à sa troisième publication de magazine pour l’année en cours. Ce qui devait être alors une présentation de notre travail aux lycéens journalistes, s’est rapidement transformé en un échange passionnant, révélateur de l’esprit en ébullition des jeunes et de leur regard lucide sur le monde. Cette expérience nous a tous donné envie d’aller plus loin et c’est ainsi que nous avons proposé aux jeunes rédacteurs de s’engager à animer cette nouvelle rubrique dans Agadir Première. Dans cette aventure, nous ne leur avons demandé qu’une chose, rester eux-mêmes. Pour ce premier numéro, les élèves ont choisi d’aborder des portraits de jeunes qui se battent chaque jour pour une cause, afin qu’un idéal pour les générations futures puisse voir le jour. Inspirants, touchants, voici le portrait de cinq jeunes courageux qui émeuvent le monde entier.

« Les réseaux sociaux et la mondialisation font qu’en 2019, la jeunesse peut partager ouvertement ses aspirations au changement. »

STACEY FRU, 11 ANS, AFRIQUE DU SUD
« Si j’étais présidente, l’éducation serait ma priorité », dit Stacey Fru, incroyable auteure de 11 ans qui possède une fondation à son nom et a déjà écrit trois livres. Née à Johannesburg, l’adolescente écrivit en effet son premier livre, « Smelly Cats », à l’âge de 6 ans, malgré un système éducatif en faillite où seuls les plus aisés peuvent se permettre une éducation de qualité. Lorsque sa mère découvrit le manuscrit, elle fut si impressionnée qu’elle déploya tous les efforts pour le faire imprimer. Face au succès du livre, publié en 2016, les autorités s’intéressèrent à elle et celui-ci fut utilisé comme support dans les salles de classe. Sa fondation fut lancée quelques années plus tard, le 14 juillet 2018.
Depuis, la jeune sud-africaine sillonne le pays pour faire passer un message simple : « lisez, écrivez, éduquez ». Depuis qu’elle a gagné le prix de la National Development Agency, qui l’a placée sous le feu des projecteurs, elle cherche à redonner goût à l’éducation aux enfants défavorisés à travers sa campagne « An African Book, A child » : « Nous voulons que des auteurs africains nous fassent dons de livres sur l’Afrique à distribuer aux enfants ». Son prochain livre, « Tim’s Answer », traitera en particulier de l’identité africaine, un thème cher à la jeune écrivaine.

SOFIA EL MOUNTASSIR BILLAH, 17 ANS, MAROC
Chaque année, un concours international de plaidoiries pour les Droits de l’Homme est organisé par le Mémorial de Caen. Ouvert à tous les lycéens de France mais aussi aux élèves scolarisés dans des Lycées Français à l’étranger, ce concours permet aux jeunes de s’exprimer sur des sujets aussi fondamentaux que dans l’air du temps. Ainsi, Sofia El Mountassir Billah, élève marocaine âgée de 17 ans, scolarisée au Lycée Lyautey de Casablanca, participa, en 2018, à la 21e édition du concours qu’elle remporta avec brio en dénonçant la vision dégradante et arriérée que certains portent encore sur la femme. Lors de sa plaidoirie intitulée « Silence, on viole… », Sofia a su convaincre le jury en dénonçant les agressions sexuelles dont sont victimes les femmes partout dans le monde, mais en particulier dans la société arabe. Débutant son réquisitoire en évoquant la situation de Zineb, jeune Marocaine victime de viol en juin 2017, Sofia condamna les spectateurs de la scène qui ont gardé le silence. Appuyant aussi son discours engagé sur l’exemple d’Amina El Filali, la jeune lycéenne révoltée souligna qu’il fallut attendre le suicide de cette dernière pour que la loi unissant le violeur à sa victime soit abrogée. Qualifiant les viols et harcèlements sexuels dont sont victimes les femmes comme étant des « crimes que l’on balaie sous le tapis », la lycéenne lance un véritable appel au changement, considérant que la jeunesse marocaine « grandit avec une vision encore trop humiliante et rétrograde de la femme ». Pour y remédier, il n’y a qu’une seule et unique solution selon Sofia : « C’est par l’éducation que l’on pourra éradiquer ce fléau. »

MALALA YOUSAFZAI, 12 ANS, PAKISTAN
Alors qu’elle n’avait que 12 ans et vivait dans la région pakistanaise du Swat, contrôlée par les talibans, Malala Yousafzai, aujourd’hui âgée de 21 ans, commença à raconter son enfance sur un blog pour la chaîne britannique BBC. Témoignant ainsi de sa vie d’écolière pakistanaise mais aussi des crimes commis par les talibans, elle s’investit très vite dans une lutte contre ces derniers en se rendant dans des écoles de la région pour dénoncer la situation.
Prenant de l’ampleur, son combat l’amena à rencontrer des politiciens du pays et à devenir une véritable figure médiatique au Pakistan, ce qui fit d’elle une ennemie du groupe terroriste. Elle fut ainsi prise pour cible dans un attentat en octobre 2012, alors qu’elle se trouvait dans le bus scolaire. Deux talibans lui tirèrent dessus, la touchant à la tête. Cet événement la fit connaître dans le monde entier et la communauté internationale se mobilisa pour la transférer du Pakistan vers des hôpitaux anglais. Confortée dans ses raisons de résister, Malala prononça plusieurs discours devant les tribunes du monde entier, dont le plus marquant fut celui prononcé à l’ONU en 2013. Suite à cela, elle deviendra, à l’âge de 17 ans, la plus jeune lauréate du prix Nobel de la Paix.

EMMA GONZALEZ, 19 ANS, ÉTATS-UNIS
Le 14 février 2018, au Lycée Marjory Stoneman Douglas à Parkland, aux États-Unis, une fusillade a eu lieu, perpétrée par un ancien élève de l’établissement, Nikolas Cruz : dix-sept personnes sont mortes et quinze ont été hospitalisées. Parmi les élèves rescapés se trouvait Emma Gonzalez. Âgée de 19 ans, cette jeune et courageuse étudiante du lycée se lança dans une croisade contre un sujet tabou aux États-Unis : le port d’armes. Rapidement, elle devint l’icône de la génération qualifiée de « Mass Shooting Generation » (génération des fusillades scolaires, terme donné par le New York Times) et de tous les partisans contre le port d’armes aux États-Unis. Ensemble, ils lancèrent le mouvement anti-armes aux États-Unis en fondant le groupe « Never Again MSD ». Le 17 février 2018, lors de la manifestation à Fort Lauderdale organisée en hommage aux victimes, Emma Gonzalez n’hésita pas à critiquer la puissante National Rifle Association. Le 24 mars suivant, à Washington, lors du plus grand rassemblement contre les armes à feu de l’histoire des États-Unis (la Marche pour nos vies), plus de 500.000 adolescents et adultes assistèrent au second discours d’Emma Gonzalez : « Depuis le moment où je suis arrivée sur cette scène, 6 minutes et 20 secondes se sont écoulées. Le tireur a maintenant arrêté de tirer (…) Battez-vous pour votre vie ! ».

GRETA THUNBERG, 16 ANS, SUÈDE
En Europe, Greta Thunberg est un formidable symbole du combat de la jeunesse pour le climat. Jeune lycéenne suédoise aux nattes reconnaissables, elle commença par gagner un concours d’écriture sur le climat à l’intention des jeunes, en mai 2018. En août de la même année, elle poursuivit par un piquet de grève devant le parlement suédois pour dénoncer l’inaction des adultes en matière d’écologie et fut suivie par des milliers de lycéens de plusieurs continents.
Greta Thunberg dénonce, par un discours simple, le gaspillage des ressources naturelles et la disparition des espèces animales. En décembre 2018, elle fit un discours mémorable à la COP 24 en Pologne, face aux politiques et spécialistes de l’environnement, ainsi qu’au forum de Davos, déclarant que les adultes sont responsables de n’avoir rien fait et que les enfants du futur leur demanderont des comptes, les accusant d’avoir oublié que la Terre nous est prêtée et non donnée.

Les élèves :
El Adib Mehdi Antoine, Charef Adam, Rhafiri Loujain, Belhouari Sofia, Noor Mahfoud, Choukri Noor, Ouada Ouissal, Ouajjou Ghita