UNE USINE DE DESSALEMENT D’EAU DE MER

UNE USINE DE DESSALEMENT D’EAU DE MER

POUR IRRIGUER LE SOUSS MASSA

Depuis quelques mois, la prochaine construction d’une usine de dessalement d’eau de mer à Agadir est sur toutes les lèvres. En novembre dernier, suite à la journée d’information organisée par l’Office Régional de Mise en Valeur Agricole, en présence de M. Aziz Akhannouch, Ministre de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts, le chantier se concrétise de plus en plus. Prévu dans la Province de Chtouka Ait Baha, ce projet transverse, fruit d’un partenariat public et privé, profitera à près de 2500 agriculteurs de la Région Souss Massa. De plus, l’usine de dessalement d’eau de mer permettra d’approvisionner en eau potable le Grand Agadir. Une initiative qui vient à point nommé quand on sait la menace du stress hydrique qui touche tout le Royaume en général. Retour sur les points saillants de ce projet de grande envergure.

QUELS OBJECTIFS ?

Avec une capacité à terme de 400.000m3/jour, la future usine de dessalement d’eau de mer d’Agadir, qui répond à la fois aux besoins de l’irrigation et de l’approvisionnement en eau potable, constitue l’une des plus grandes à l’échelle mondiale. Elle permettra ainsi, entre autres objectifs, de sécuriser l’alimentation en eau d’irrigation de la Province de Chtouka Ait Baha et de ses environs, favorisant ainsi le maintien de l’activité agricole dans la zone, notamment les cultures d’exportation à forte valeur ajoutée. L’usine de dessalement participera aussi à sauvegarder l’aquifère et à éviter les risques environnementaux majeurs de la zone, particulièrement celle du Parc National Souss Massa. En plus de l’alimentation en eau potable du Grand Agadir susmentionnée, cette infrastructure permettra in fine de favoriser le positionnement du Maroc dans les marchés à l’export.

QUID DES INFRASTRUCTURES ?

Sur une superficie totale de 13.600 hectares, l’usine de dessalement et de prise d’eau en mer s’étalera sur une surface de 20 hectares au nord de la localité de Douira. Grâce à la technologie de dessalement Osmose inverse, l’usine aura une capacité initiale de 275.000m3/jour, soit 125.000m3/jour d’eau agricole et 150.000m3/jour d’eau potable. À terme, elle aura une capacité maximale de 400.000 m3/jour répartie équitablement pour l’eau agricole et l’eau potable. Pour atteindre ces retombées, l’usine de dessalement s’appuiera sur des infrastructures, notamment un réservoir d’eau d’irrigation de 42.480m3, un réservoir d’eau potable de 35.000m3, cinq stations destinées au pompage de l’eau, un adducteur principal de 18,4km et un réseau d’irrigation de 290km. Des chiffres probants qui illustrent l’importance du chantier et des retombées pour notre ville et notre région.

LES MOYENS DÉPLOYÉS

Comme évoqué, ce gigantesque chantier est le fruit d’un partenariat porté par le Ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts (MAPM), l’Office National de l’Electricité et de l’Eau Potable (ONEE), et des opérateurs privés pour une enveloppe budgétaire de près de 4.4 milliards de Dirhams. L’investissement est réparti entre l’Etat (MAPM et ONEE), le financeur du projet, à savoir le groupe bancaire BMCE Bank Of Africa ainsi que le consortium espagnol Abengoa. Une mutualisation d’efforts qui permettra de répondre à la problématique de la conservation et à la préservation des ressources hydriques de la Région Souss Massa et d’offrir un lendemain meilleur à l’activité agricole. Avec une mise en service prévue à l’horizon 2020, l’usine de dessalement permettra, par ailleurs, de créer dans la région quelques 627 emplois.

UNE NÉCESSITÉ RÉGIONALE

Quand on sait que l’agriculture constitue un levier économique indispensable à notre région, la construction de la plus grande usine de dessalement au monde, au sein de notre région, est un énorme pas de géant. Actuellement alimentée à 80% par les ressources superficielles des barrages de Moulay Abdellah et d’Abdelmoumen et à 20% par les ressources des nappes phréatiques du Souss, la région trouve dans l’eau de mer une alternative de choix pour faire face au stress hydrique. Rappelons que ce projet sera alimentée durablement avec de l’énergie éolienne, ancrant ainsi une démarche respectueuse de l’environnement. Enfin, notons que le projet de construction de l’usine de dessalement d’eau de mer s’étalera sur 32 mois pour l’unité de dessalement, 36 mois pour le réseau d’irrigation, et l’opération et la maintenance de l’usine seront assurées par Abengoa pendant 27 ans.