Journée mondiale du livre et du droit d’auteur : écrire pour exister, au-delà des mots, avec Ibtissam Jerouane
ans cet entretien, une autrice revient sur son rapport intime à l’écriture, entre refuge, doute et nécessité, et dévoile la genèse de son roman Le Silence des promesses. 🔹Lire la suite🔹
TALENTS & PORTRAITS
Rédaction Agadir Première
4/20/2026


Mme Ibtissam Jerouane
Autrice et voix émergente de l’écriture introspective originaire de la région de Souss-Massa
Pour certains, l’écriture est un loisir. Pour d’autres, elle devient une nécessité profonde, presque vitale.
À l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, célébrée le 23 avril, Mme Ibtissam Jerouane, autrice et voix émergente de l’écriture introspective originaire de la région de Souss-Massa, plus précisément de la ville d’Agadir, revient sur un parcours marqué par une relation intime aux mots, née dès l’enfance et façonnée par le silence, la lecture et l’introspection.
Entre doutes, quête de légitimité et besoin d’expression, elle évoque ce qui l’a conduite à écrire, ainsi que la manière dont son vécu s’est peu à peu transformé en récit avec Le Silence des promesses. Une plongée sensible dans un univers où écrire ne consiste pas seulement à raconter, mais à donner une voix à ce qui, autrement, resterait en silence.
Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire, et à quel moment avez-vous compris que l’écriture était bien plus qu’une passion pour vous ?
J’ai commencé à écrire très jeune. Déjà au lycée, les mots faisaient partie de mon quotidien, au point de participer à une compétition entre pays francophones où j’ai été sélectionnée parmi les 20 % des candidats retenus.
À cette époque, la vie était plus silencieuse. Il n’y avait ni téléphone, et les distractions étaient rares. Nous ne sortions pas jouer dehors, nous ne regardions presque pas la télévision… Alors je lisais. Et j’écrivais. L’écriture s’est imposée naturellement, sans que je m’en rende compte. Elle est devenue un refuge, un espace à moi, un lieu où je pouvais déposer ce que je ressentais sans être interrompue, sans être jugée.
Avec le temps, elle est devenue un compagnon fidèle, une présence discrète mais essentielle, qui m’accompagnait dans mes questionnements, mes silences, et mes émotions les plus profondes. Et puis un jour, j’ai compris que je n’écrivais plus seulement par envie… mais par nécessité. Parce que pour moi, écrire, ce n’est pas simplement aligner des mots. C’est donner une forme à l’invisible, et une voix à ce qui, autrement, resterait en silen


Votre parcours d’autrice a-t-il été marqué par un moment décisif ou un défi particulier qui vous a poussée à persévérer
Oui, mon parcours a été marqué par des moments de doute, comme tout chemin de création.
Mais plus que des obstacles extérieurs, ce sont surtout des défis intérieurs qui ont été décisifs. Il y a eu des périodes où j’ai remis en question ma légitimité, où je me suis demandé si mes mots avaient réellement leur place, s’ils pouvaient toucher ou simplement exister au-delà de moi.
Mais le véritable tournant a été le moment où j’ai compris que je n’écrivais pas pour être validée, ni pour répondre à des attentes extérieures… mais parce que c’était profondément ancré en moi. Écrire est devenu une forme de fidélité à moi-même.
Même dans le doute, même dans le silence, je revenais toujours à l’écriture. Et finalement, le plus grand défi n’a pas été d’écrire… mais d’oser assumer ce que j’écris. Parce qu’au fond… ce n’est pas le regard des autres qui donne de la valeur aux mots, mais le courage de leur donner une voix


Comment est née l’idée du roman "Le Silence des promesses" ? Et que représente-t-il pour vous ?
L’idée de "Le Silence des Promesses" est née dans un moment de vie où les émotions prenaient toute la place, au point d’en devenir presque envahissantes.
Ce que j’ai écrit dans ce roman, je ne l’ai pas imaginé au départ… je l’ai ressenti. Je l’ai traversé. Les silences, l’attente, les promesses qui s’effacent sans explication, tout cela a existé, à un moment donné, dans ma propre réalité. Et comme l’écriture a toujours été mon refuge, presque un instinct, j’ai écrit. Sans intention précise, sans projet de livre au départ.
J’écrivais pour respirer, pour comprendre, pour ne pas me perdre dans ce que je ressentais. Au début, j’étais simplement immergée dans mes émotions, portée par elles, sans savoir que ces fragments, ces mots, ces silences posés sur le papier allaient, un jour, donner naissance à une œuvre.
Peu à peu, une histoire s’est dessinée. Layla est apparue, non pas comme un personnage construit, mais comme une évidence, une voix qui portait ces émotions, tout en leur donnant une distance, une forme, une universalité. Pour moi, ce livre représente une transformation. Celle d’un vécu intime devenu récit, d’une douleur silencieuse devenue parole partagée. C’est une manière de sublimer ce qui a été difficile, mais aussi de tendre une main à ceux qui traversent, eux aussi, ces silences sans réponse. Parce qu’au fond… ce roman n’est pas né d’une idée, mais d’un moment de vie qui a cherché, à travers les mots, à ne pas disparaître dans le silence.


Qu’aimeriez-vous que vos lecteurs retiennent après avoir lu "Le Silence des promesses" ?
L’idée de "Le Silence des Promesses" est née dans un moment de vie où les émotions prenaient toute la place, au point d’en devenir presque envahissantes.
Ce que j’ai écrit dans ce roman, je ne l’ai pas imaginé au départ… je l’ai ressenti. Je l’ai traversé. Les silences, l’attente, les promesses qui s’effacent sans explication, tout cela a existé, à un moment donné, dans ma propre réalité. Et comme l’écriture a toujours été mon refuge, presque un instinct, j’ai écrit. Sans intention précise, sans projet de livre au départ.
J’écrivais pour respirer, pour comprendre, pour ne pas me perdre dans ce que je ressentais. Au début, j’étais simplement immergée dans mes émotions, portée par elles, sans savoir que ces fragments, ces mots, ces silences posés sur le papier allaient, un jour, donner naissance à une œuvre.
Peu à peu, une histoire s’est dessinée. Layla est apparue, non pas comme un personnage construit, mais comme une évidence, une voix qui portait ces émotions, tout en leur donnant une distance, une forme, une universalité. Pour moi, ce livre représente une transformation. Celle d’un vécu intime devenu récit, d’une douleur silencieuse devenue parole partagée. C’est une manière de sublimer ce qui a été difficile, mais aussi de tendre une main à ceux qui traversent, eux aussi, ces silences sans réponse. Parce qu’au fond… ce roman n’est pas né d’une idée, mais d’un moment de vie qui a cherché, à travers les mots, à ne pas disparaître dans le silence.




Qu’aimeriez-vous que vos lecteurs retiennent après avoir lu "Le Silence des promesses" ?
J’aimerais que mes lecteurs referment ce livre en se sentant moins seuls. Qu’ils comprennent que les silences qu’ils ont traversés ne sont pas une faiblesse, mais une étape. Et que même sans réponses, il est possible de continuer à avancer, à se reconstruire, et à se choisir.
Si ce roman peut laisser une empreinte, ce serait celle-ci : apprendre à ne plus attendre des autres ce qui, un jour, doit venir de soi. Parce qu’au fond… ce ne sont pas les promesses qui nous définissent, mais ce que l’on devient lorsqu’elles disparaiss


Un petit mot à l'occasion de la journée mondiale du livre et du droit d'auteur ?
À l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, j’aimerais rappeler que les livres sont bien plus que des pages… ce sont des refuges, des voix, des fragments de vie partagés.
Écrire, c’est offrir une part de soi. Lire, c’est accueillir celle des autres. Et quelque part, entre les mots, nous nous retrouvons. Parce qu’au fond… les livres ne nous apprennent pas seulement à lire, ils nous apprennent à ressentir.
Le roman "Le Silence des Promesses" est disponible à la vente à l’international et à Agadir à la librairie Dar Alamane (Cité Dakhla).
AMAZON : https://www.amazon.fr/Silence-Promesses-d%C3%A9licat-dattendre-patienter-ebook/dp/B0GD7XK2BL
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