Septembre Rouge : mieux comprendre les cancers du sang avec le Dr BENHALIMA Yasmina
Septembre Rouge sensibilise aux cancers du sang. Le Dr BENHALIMA Yasmina, hématologue à Agadir, revient sur les symptômes, les facteurs de risque, le diagnostic et les avancées thérapeutiques. 🔹Lire la suite🔹
SANTÉ & BIEN-ÊTRE
Rédaction Agadir Première
9/28/2026


Dr BENHALIMA Yasmina
Hématologue à Agadir
Chaque année, le mois de septembre est consacré à la sensibilisation aux cancers du sang à travers Septembre Rouge.
Cette campagne vise notamment à mieux faire connaître les leucémies, les lymphomes et le myélome multiple, mais aussi à informer sur leurs symptômes, leurs facteurs de risque et les possibilités de diagnostic et de traitement.
Alors que le mois de septembre touche à sa fin, nous abordons ce sujet avec Dr BENHALIMA Yasmina, hématologue à Agadir, afin de revenir sur les principaux signes qui doivent alerter, la place des analyses sanguines dans le diagnostic, les facteurs de risque ainsi que les progrès récents dans la prise en charge de ces maladies.
Quels symptômes peuvent alerter ?
Les cancers du sang regroupent plusieurs maladies. Parmi les principales, on retrouve les leucémies, qui touchent la moelle osseuse, les lymphomes, qui concernent notamment les ganglions, et le myélome multiple, qui touche certaines cellules du sang et peut notamment affecter les os et les reins.
Certains symptômes peuvent attirer l’attention :
Une fatigue inhabituelle, une pâleur, un essoufflement ou des vertiges peuvent notamment être liés à une anémie.
Des infections répétées ou une fièvre qui dure sans raison évidente peuvent également être des signes à surveiller.
Des bleus qui apparaissent spontanément, de petits points rouges sur la peau ou des saignements de nez ou des gencives peuvent être liés à une baisse des plaquettes.
Un ganglion qui reste gonflé ou augmente de volume, notamment au niveau du cou, des aisselles ou de l’aine, doit également être surveillé.
Des sueurs nocturnes importantes ou une perte de poids involontaire peuvent aussi faire partie des signes à prendre en compte.
Enfin, des douleurs osseuses persistantes, notamment au niveau du dos ou des côtes, peuvent être observées dans certains cas de myélome.
Ces symptômes sont toutefois fréquents dans de nombreuses maladies et ne signifient pas nécessairement qu’il s’agit d’un cancer. Lorsqu’ils persistent, il est important de consulter un médecin. Celui-ci pourra notamment réaliser un examen clinique et demander une prise de sang.
En cas de difficulté respiratoire importante, de confusion, de faiblesse brutale ou de saignement important, une prise en charge médicale urgente est nécessa


Quels sont les principaux facteurs de risque ? Peut-on les réduire ?
La plupart des cancers du sang apparaissent sans qu’une cause précise puisse être identifiée. Aucun comportement ne permet donc de les éviter complètement. Certains facteurs peuvent toutefois augmenter le risque, selon le type de maladie.
L’âge, le sexe, les antécédents familiaux et certaines prédispositions génétiques peuvent notamment jouer un rôle. Ces facteurs ne peuvent pas être modifiés.
Le tabagisme est également associé à certaines maladies du sang. Certaines expositions professionnelles ou environnementales peuvent aussi augmenter les risques, notamment l’exposition au benzène, que l’on retrouve dans certains solvants, carburants ou activités industrielles. D’autres produits chimiques et pesticides sont également étudiés.
Les rayonnements ionisants ainsi que certains traitements médicaux reçus dans le passé peuvent, plus rarement, favoriser l’apparition de nouvelles maladies du sang.
Un système immunitaire affaibli peut également être associé à certains lymphomes. Cela peut notamment concerner les personnes vivant avec le VIH, les personnes ayant reçu une greffe ou certains patients prenant des traitements qui diminuent les défenses immunitaires.
Le surpoids et l’obésité ont également été associés à plusieurs cancers du sang. Toutefois, l’importance de ce risque varie selon les maladies.
Peut-on réduire certains risques ?
Oui, certains risques peuvent être limités. Il est notamment recommandé de ne pas fumer et de se faire accompagner pour arrêter. Pour les personnes exposées à certains produits chimiques dans le cadre professionnel, le respect des mesures de protection est également essentiel.
Une activité physique régulière, une alimentation équilibrée et le maintien d’un poids favorable à la santé peuvent aussi contribuer à réduire certains risques.
La prévention et le traitement de certaines infections jouent également un rôle. La vaccination contre l’hépatite B, le dépistage et le traitement de l’hépatite C ou encore la prévention du VIH peuvent notamment être utiles.
Enfin, il est préférable d’éviter les examens utilisant des rayonnements lorsqu’ils ne sont pas nécessaires, tout en réalisant les examens médicaux indispensables lorsqu’ils sont recommandés par un professionnel de santé.
Quel est le rôle des analyses de sang ?
Les analyses de sang constituent souvent la première étape lorsqu’une maladie du sang est suspectée. Elles ne permettent cependant pas toujours, à elles seules, de poser un diagnostic.
L’examen le plus courant est l’hémogramme, aussi appelé NFS. Il permet notamment de vérifier le nombre de globules rouges, de globules blancs et de plaquettes. Il peut ainsi mettre en évidence une anémie, une quantité anormale de globules blancs ou de plaquettes, ou encore la présence de cellules inhabituelles.
Un examen au microscope peut ensuite être réalisé pour observer les cellules sanguines plus précisément et orienter le médecin vers certaines maladies.
Dans certains cas, une analyse plus spécialisée du sang peut même permettre de confirmer le diagnostic.
Il n’existe toutefois pas de prise de sang unique permettant de dépister tous les cancers du sang chez une personne qui ne présente aucun symptôme. Une anomalie dans les résultats peut également être liée à une infection, une carence, un médicament ou une maladie inflammatoire.
Selon la situation, d’autres examens peuvent donc être nécessaires. Un prélèvement de moelle osseuse peut notamment être réalisé pour certaines leucémies, certains myélomes ou d’autres maladies du sang. Pour un lymphome, une analyse d’un ganglion peut être nécessaire.
Les analyses sanguines permettent ainsi d’alerter et d’orienter le médecin, mais elles doivent être interprétées avec les symptômes, l’examen clinique et, si nécessaire, d’autres examens.


Quels progrès dans le traitement des cancers du sang ?
Les dernières années ont été marquées par des progrès importants dans le traitement des cancers du sang. De nouvelles approches permettent aujourd’hui de mieux cibler les cellules cancéreuses et d’adapter davantage les traitements à chaque patient.
Parmi ces avancées figurent notamment les cellules CAR-T, les anticorps bispécifiques, les traitements guidés par les caractéristiques de la maladie et les examens permettant de détecter la présence de cellules cancéreuses restantes après un traitement.
Les cellules CAR-T
Les cellules CAR-T utilisent les propres défenses immunitaires du patient. Des cellules appelées lymphocytes T sont prélevées dans le sang, puis modifiées en laboratoire pour qu’elles puissent mieux reconnaître et attaquer les cellules cancéreuses. Elles sont ensuite réinjectées au patient.
Cette approche a permis d’obtenir des résultats importants dans certaines leucémies, certains lymphomes et certains cas de myélome multiple, notamment lorsque plusieurs traitements précédents n’ont pas fonctionné.
Le traitement reste toutefois complexe et doit être réalisé dans des centres spécialisés. Il peut également provoquer certains effets secondaires et nécessite donc une surveillance médicale étroite.
Les anticorps bispécifiques
Ces médicaments permettent de rapprocher les cellules de défense de l’organisme des cellules cancéreuses afin de favoriser leur destruction.
Ils présentent notamment l’avantage de pouvoir être utilisés directement, sans avoir besoin de prélever et de modifier les cellules du patient comme avec les CAR-T. Ils peuvent donc être proposés dans certaines situations où les CAR-T ne sont pas possibles.
Des traitements de plus en plus personnalisés
Les médecins disposent aujourd’hui de nombreuses analyses permettant de mieux comprendre les caractéristiques de chaque maladie.
Ces informations peuvent aider à choisir le traitement le plus adapté à chaque patient et à mieux suivre l’évolution de la maladie.
Les médecins peuvent également rechercher, après un traitement, s’il reste une très petite quantité de cellules cancéreuses dans l’organisme. Cette surveillance permet d’évaluer la réponse au traitement et, dans certaines situations, d’identifier plus tôt un risque de rechute.
Ces nouvelles approches ne remplacent pas les traitements classiques. Elles permettent plutôt de mieux les utiliser, de les combiner lorsque cela est nécessaire et d’adapter davantage la prise en charge à chaque patient.
Les progrès réalisés ces dernières années ouvrent ainsi de nouvelles possibilités pour les personnes atteintes de cancers du sang, avec des traitements de plus en plus adaptés aux caractéristiques de chaque maladie.


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