Taliouine : le souffle doré du safran marocain
À l’occasion du Festival du Safran de Taliouine, découvrons l’univers de l’or rouge marocain, entre traditions ancestrales, identité amazighe et développement territorial. 🔹Lire la suite🔹
MARKETING TERRITORIAL
Rédaction Agadir Première
11/25/2025
Au cœur du Haut Atlas, entre montagnes arides et vallées fertiles, Taliouine se pare chaque automne d’une couleur rare : celle du safran, « l’or rouge » du Maroc.
Cette petite ville du Sud, nichée entre Taroudant et Ouarzazate, est devenue le berceau d’un produit d’exception, à la fois trésor agricole, symbole culturel et moteur d’un développement local durable.
Du 20 au 23 novembre 2025, et comme chaque année, un festival y est dédié, et célèbre bien plus qu’une épice : il rend hommage à un héritage, à un savoir-faire ancestral et à une communauté qui cultive la patience comme on cultive une fleur.
Nous retrouvons Aïcha BAZMAN, étudiante en commerce et en gestion, originaire de Taliouine, et dont la famille travaille dans la culture et la récolte du safran. Elle partage avec nous les secrets de la culture de l'or rouge, un savoir-faire précieux transmis de génération en génération.




Quelles sont les principales étapes de la culture du safran, depuis la plantation des bulbes jusqu’au séchage final des stigmates ?
La plantation des bulbes se fait entre septembre et octobre, mais ils ne produisent des fleurs qu’à partir de l’année suivante. Pour obtenir une récolte importante, il faut généralement attendre au moins deux ans, chaque bulbe produisant également de nouveaux bulbes dans le sol.
Après la plantation, l’irrigation est assurée de fin septembre à mars, à l’exception de la période du 15 décembre au 15 janvier, durant laquelle les plants de safran ne sont pas arrosés.
À partir de la mi-octobre, les fleurs de safran commencent à apparaître et la récolte s’étend jusqu’à la mi-novembre. Pendant cette période, les champs se couvrent de fleurs, et chaque journée de récolte dépend fortement des conditions climatiques.
Celle-ci se fait traditionnellement à la main, sans intervention de machines.
Après la cueillette, les filaments rouges (le safran) sont séparés de la partie violette des fleurs, puis laissés à sécher naturellement, également sans recours à aucune machine.
La quantité récoltée chaque jour dépend des conditions climatiques : les journées froides, et particulièrement les matins, sont les plus productives.
Chaque fleur ne contient que trois filaments de safran, parfois cinq. La dernière étape consiste à sécher ces filaments afin de préserver leur qualité et leur arôme, toujours de manière entièrement artisanale, sans utilisation de machines.
En moyenne, combien de fleurs faut-il récolter pour obtenir un gramme de safran prêt à la vente ?
En moyenne, il faut récolter environ 150 fleurs pour obtenir un gramme de safran prêt à la vente. Chaque fleur ne contient que trois filaments rouges, la production de safran est très laborieuse et demande une grande précision, ce qui explique la valeur élevée de cette épice.


Quelles sont les principales difficultés auxquelles les producteurs font face?
Les producteurs de safran font face à plusieurs difficultés. Tout d’abord, le changement climatique a un impact négatif sur la production dans la région, aggravé par la rareté des ressources en eau.
Ensuite, le manque de main-d'œuvre constitue un obstacle majeur en raison de la complexité des différentes étapes de production et des salaires peu attractifs.


De quelle manière le changement climatique influence-t-il la production du safran dans la région ?
Le climat idéal pour obtenir une production abondante de safran est caractérisé par des températures fraîches Le froid favorise l’épanouissement des fleurs et contribue à une récolte plus généreuse, particulièrement pendant les premières heures du matin, lorsque les conditions sont les plus propices à la qualité et à la quantité du safran.
Comment les coopératives locales contribuent-elles à améliorer les revenus et la stabilité économique des familles productrices ?
Les membres des coopératives locales, qu’il s’agisse de celles dédiées au safran ou d’autres activités, sont des habitants de la région qui se regroupent et organisent ces structures.
Cela leur permet de générer un revenu et d’améliorer leur situation économique et financière.


Quel rôle occupent les femmes dans les différentes étapes de la culture, de la récolte et de la transformation du safran ?
Les femmes participent à toutes les étapes de la production du safran, de la plantation à la récolte, en passant par la transformation et la commercialisation. Elles jouent un rôle essentiel, en particulier celles qui gèrent également leur foyer.
Comment les producteurs et les coopératives participent-ils concrètement au Festival du Safran chaque année ?
Les producteurs et les coopératives participent chaque année au Festival du Safran en soumettant leur dossier, soit en ligne via un formulaire, soit directement en le déposant auprès de l’association organisatrice au Dar Safran, au centre de Taliouine.


En quoi le Festival du Safran contribue-t-il à promouvoir Taliouine comme destination touristique et capitale de l’or rouge ?
Le festival a pour rôle de promouvoir le safran à une échelle plus large, en mettant en lumière la qualité et l’authenticité de ce produit local.
Il permet également d’attirer des touristes venus découvrir la richesse culturelle et naturelle de la région, tout en offrant une vitrine pour les producteurs et les coopératives, et en contribuant au développement économique et touristique du territoire.




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